Sep 212014
 

Un sujet de dissertation est une question, une question philosophique (et non pas une question technique).

Comme toute question, une question philosophique attend une réponse, une réponse philosophique. Quand la question n’est pas philosophique, la réponse peut être immédiate. Quand la question est philosophique, la réponse ne peut pas être immédiate : elle doit être médiate, médiatisée par une discussion = c’est le détour par la problématisation.

Dans un sujet, il y peut y avoir 3 sortes de termes :

  1. les termes du programme : des notions, ou des repères.
  2. les modalités : vraiment, ne… que, seulement, nécessairement…
  3. les termes « riches » : obstacle, dialogue, limite, critiquer, trahir, menacer…
Les termes du programme
  • Il y aura toujours au moins une notion du programme, la plupart du temps elle sera explicite (Notre liberté a-t-elle des limites ?). Quelquefois, elle est presque explicite (l’artiste ne cherche-t-il qu’à divertir ?).
  • Il y a quelquefois 2 notions du programme (explicitement ou non) ; dans ce cas, il faut savoir donner la priorité à celui qui est le « terme essentiel ».  La liberté est-elle menacée par l’égalité ? L’égalité renvoie au droit et à la justice, donc à des contraintes (repère : contrainte ≠ obligation) et d’habitude, la liberté est définie comme « absence de contraintes ».
  • Un repère du programme peut être explicite : Est-il nécessaire de travailler ? Le sujet porte sur le travail.
Les modalités
  • Ce sont des adverbes, des locutions (adverbiale, prépositive, conjonctive…)
  • Ce sont les modalités qui peuvent transformer une question technique en question philosophique : Tous les hommes sont-ils vraiment mortels ? Faut-il toujours critiquer ?
  • En général, leur oubli mène directement au hors-sujet (dans lequel l’élève se fixe sur le présupposé de la question au lieu de traiter la question en elle-même).
Les termes « riches »
  • Ils sont rarement « essentiels » mais ils sont déterminants.
  • Ils doivent être philosophiquement discutés, c’est-à-dire philosophiquement définis.
  • Leur définition philosophique permettra non pas de poser le problème mais, plus souvent, de le résoudre. L’artiste ne cherche-t-il qu’à divertir ? Il va falloir distinguer entre « divertir » et « amuser ». Le langage trahit-il la pensée ? La « trahison », ce n’est pas la même chose que l’erreur et surtout il existe une expression « trahir la pensée » qui signifie la révéler et pas du tout la cacher.

Etre libre, est-ce ne rencontrer aucun obstacle ?

  1. La liberté est une notion du programme.
  2. Aucun est la modalité.
  3. Qu’est-ce qu’un « obstacle » (une sorte d’empêchement qui est différent d’un barrage ; un obstacle peut se contourner, s’éviter, se sauter…) ? Qu’est-ce qu’une « rencontre » ?

Faut-il toujours répondre à la violence par la violence ?

  1. La morale et la politique (deux thèmes généraux) sont les notions de ce sujet.
  2. Toujours est la modalité.
  3. Qu’est-ce que la « violence » ? Ne faut-il pas la distinguer de la « force » ?

Le présent n’est-il qu’un futur passé ?

  1. La notion du programme est triplement le temps.
  2. Ne… que… est la modalité.

 

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