Mai 162014
 

Introduction.

Le bricoleur habile sait que dans une décharge publique, il trouvera toujours le moyen à partir de plusieurs téléviseurs en panne d’en recomposer un qui fonctionne. Telle est aussi l’intuition, un siècle avant l’invention du poste de télévision, du Docteur Frankenstein. Mais Mary Shelley n’est ni biologiste ni chirurgien, elle n’est qu’écrivain. Car dans la réalité, ce n’est pas dans les cimetières que le chirurgien, ce moderne Prométhée, trouve le cœur ou le rein qu’il va greffer. Il ne l’enlève pas à un cadavre en décomposition, mais il le prélève à un vivant qui vient de décéder.

On peut donc changer un cœur comme on change, au bout d’un an ou deux, la pile d’une montre, et en attendant que le cœur nouveau soit arrivé, l’opéré vit grâce à un cœur artificiel : le cœur n’est qu’un organe, un instrument.

Est-ce dire alors que la maladie d’un être vivant est comparable à la panne d’une machine ?

Canard de Vaucanson

Si on fait du vivant une organisation mécanique, oui, puisque dans les cas graves le chirurgien peut procéder à la réparation de l’organe défectueux soit en greffant un autre organe soit en lui adjoignant un engin artificiel, rein artificiel ou pacemaker.

Mais si on voit dans le vivant un organisme, alors constatons que tous les cas ne sont pas graves et le vivant, dans la plupart des cas d’ailleurs, se répare lui-même en cicatrisant ou en produisant ses propres anticorps, ce dont semble bien incapable une machine, à moins qu’un concepteur ne lui ait ajouté à l’avance un programme de diagnostic et de réparation.

L’auto-organisation du vivant : biologie et cybernétique.

Traiter la maladie d’un être vivant comme la panne d’une machine, c’est tout le progrès de la médecine moderne qui ne s’égare plus dans la convocation magique des bons esprits pour faire fuir les mauvais : mais un tel traitement qui repose explicitement sur la comparaison de la maladie et de la panne, ne présuppose-t-il pas une identité ontologique du vivant naturel qui peut souffrir et de la machine artificielle qui ne ressent jamais rien, c’est-à-dire en termes kantiens, de la personne et de la chose.

Enjeu : Est-il possible alors de rapprocher biologiquement, techniquement, panne et maladie sans avoir à payer le prix, éthiquement coûteux, de la confusion du vivant et de l’inerte ? L’humanité savante peut-elle rester efficace sans se couper de la sagesse humaine, rien qu’humaine ?

1) L’AME ET LE CORPS.

11) La hiérarchie du vivant.

« Linné et Cuvier ont été mes divinités, mais ce ne sont que de simples écoliers en comparaison du vieil Aristote ».  Darwin.

Il faut d’abord se rappeler qu’Aristote distinguait 4 types de causes (texte 2 page 262) :

  • la cause matérielle (ce dont la chose est constituée),
  • la cause formelle (le dessein ou l’idée que le sculpteur imagine et qu’il inscrit dans la pierre ou le bois),
  • la cause efficiente (ce que nous appelons en fait la cause : ce dont un artisan se sert pour réaliser son projet),
  • la cause finale (qui détermine le but de l’action : le sculpteur agit-il pour le gain, sa réputation ou le simple plaisir ?

En biologie, ce n’est que par la pensée que l’on peut distinguer les deux premiers types de cause car le vivant est une sorte d’osmose entre la matière sensible et la forme intelligible. Le vivant est non seulement comme l’incarnation de l’idée dans la matière, il est même l’idée pleinement réalisée. La vie est l’organisation réussie de la matière.

Prenons l’exemple du sang. Pour Aristote, l’univers est la composition harmonieuse de quatre qualités : le chaud, le froid, le sec et l’humide. Le sec et le chaud confondus nous donnent le feu. Le froid et l’humide donnent l’eau. Le mélange de l’eau et du feu, c’est alors le sang, qui est ainsi comme l’essence de la vitalité.

Le vivant est donc la matière qui a la forme la plus achevée. Le vivant est la matière animée, c’est-à-dire qui a une âme. Aristote propose pour tenir compte des différences entre les êtres vivants une hiérarchie des âmes :

  • Une âme végétative qui est commune, physiologiquement parlant, aux plantes et aux bêtes,
  • Une âme sensitive qui est commune à tous les animaux,
  • Une âme rationnelle qui dépasse et accomplit la précédente et qui est le propre de l’être humain.

Toutes ces classifications ont pour résultat de définir la vie comme une matérialité organisée, intelligible. C’est pourquoi Aristote répugne toujours à expliquer le vivant en faisant appel au pur jeu mécanique des forces et des organes : la vie solidarise étroitement la fonction et l’organe. Aristote soumet la vie à une finalité.

Il n’empêche que la nature échoue quelquefois dans ses productions et qu’elle produit des monstres. La vie n’est-elle donc pas toujours une organisation réussie ? Elle est d’abord une organisation hiérarchisée, dans laquelle il y a de l’inférieur et du supérieur. Plus la nature vise le difficile et le supérieur, et plus elle court de risques : un monstre, c’est ce qui résulte d’une résistance momentanée de la matière au principe final d’organisation qui la vivifie. C’est pourquoi, Aristote qui tient l’homme pour supérieur à la femme, remarque que les échecs morphologiques frappent plus celle-ci que celui-là !

Muni de tels principes, Aristote propose «une échelle des êtres», la scala naturae, qui sera la première grande classification systématique du vivant. Quant à sa distinction des trois âmes, ne revient-elle pas à ce que fait la biologie moderne quand elle étudie d’abord le neurovégétatif, puis le neuro-musculaire et enfin le cortical ?

Hiérarchie des formes, pyramide des vivants, la vie  converge vers la forme la plus achevée qui en est comme le but. C’est contre une telle vision que Descartes va proposer une vision unifiée autour de la notion d’étendue, une conception matérialiste car il s’agit pour lui d’assurer la séparation absolue entre deux substances : l’âme dont l’attribut est la pensée, les corps définis par l’étendue.

12) le matérialisme cartésien.

Pour Descartes, il n’y a qu’une seule cause qui a un intérêt scientifique : la causalité efficiente, celle qui produit un effet et dont on peut dire que «les mêmes causes produisent les mêmes effets». La connaissance du vivant, c’est par conséquent la recherche des causes de tous les mouvements corporels : le vivant n’est qu’une machine.

Telle est l’idée qui anime la théorie dite «des animaux-machines» (texte 3 page 263) et qu’exposera son disciple La Mettrie. L’être vivant se définit comme un ensemble de rouages et les organes sont comme les pièces d’un engrenage. Il suffit alors pour les comprendre de les connaître d’abord isolément, puis de les ajuster les unes aux autres. La biologie, dès Descartes, est une biomécanique. Selon lui, ces montages vivants ont été conçus et fabriqués par Dieu : s’ils fonctionnent ensuite sans lui, ils n’en dérivent pas moins de lui, et c’est ce qui explique qu’ils soient si finement adaptés.

« Je ne reconnais aucune différence entre les machines que font les artisans et les divers corps que la nature seule compose, sinon que les effets des machines ne dépendent que des agencements de certains tuyaux ou ressorts ou autres instruments qui sont toujours si grands que leurs figures ou mouvements se peuvent voir – au lieu que les tuyaux ou ressorts qui causent les effets des corps naturels sont ordinairement trop petits pour être aperçus de nos sens .»

Descartes, 4° partie des Principes de la philosophie, art. 23

 

C’est bien dire qu’entre un animal, un corps humain et une machine artisanale, il n’y a que des différences de degré.

2) Le problème de la finalité.

21) Machine et organisme.

Kant, dans la Critique de la faculté de juger (texte 4 page 264), va reprendre l’exemple favori des cartésiens, celui de la montre (Dieu n’est-il pas le Grand Horloger ?) afin de mettre en évidence, toutes les oppositions entre une machine et un organisme.

(a)           Kant commence par nous expliquer que dans une montre, un rouage n’est pas la cause efficiente d’un autre rouage : il n’y a pas de processus immanent de corrélation mais au contraire une cause efficiente, qui peut être dite transcendante (=séparée), et qui n’est  que l’intervention extérieure de l’artisan. Il n’en va pas de même pour un organisme vivant où il suffit d’un peu de bon sens pour observer la corrélation que nous présente un arbre dont les feuilles protègent le tronc qui les nourrit.

(b)          La deuxième différence entre la machine et l’organisme, c’est la génération, ou reproduction : dans une montre, un rouage ne « peut en produire un autre et encore moins une montre d’autres montres ».

(c)           La troisième différence, c’est la régénération, ou reproduction extraordinaire. On ne peut pas attendre d’une montre qu’elle se répare elle-même ; c’est pourtant, comme l’expérience la plus commune le montre, ce que fait un organisme qui cicatrise.

Ainsi, si la machine ne possède qu’une force motrice, mécanique, l’organisme, lui, possède une force formatrice qui lui permet d’organiser les matériaux qui le compose : c’est dire que  le vivant est un milieu intérieur qui assure son autonomie par rapport au milieu extérieur. Les 3 caractéristiques de l’organisme vivant sont donc plutôt l’auto-corrélation, l’auto-génération, l’auto-régénération.

22) Finalités interne et externe.

Kant ne se contente donc pas de la causalité efficiente pour définir le vivant, il fait aussi appel à la causalité finale. C’est là qu’est la difficulté car il y a deux usages possibles de ce concept de finalité : il faut distinguer la coordination de tous les êtres vivants en vue d’une même fin au sein d’un système de la nature, et la coordination, dans le même être vivant, des parties entre elles en vue de la vie du tout. Il faut donc distinguer :

  • une finalité externe : en vertu de laquelle tous les êtres vivants seraient coordonnés les uns aux autres. L’herbe aurait été faite pour la vache, l’agneau pour le loup, et le jour serait assez long pour que nous puissions faire des économies de (bouts de) chandelles !
  • une finalité interne : chaque être est fait pour lui-même, toutes ses parties se concertent pour le plus grand bien de l’ensemble et s’organisent avec intelligence en vue de cette fin.

Si la finalité interne ne pose pas de problème comme nous venons de le voir avec la notion de «milieu intérieur», il n’en va pas du tout de même pour la finalité externe puisqu’elle paraît présupposer une intelligence infinie capable d’organiser systématiquement la nature. Faut-il alors, comme Kant semble le faire, rejeter absolument tout usage d’un tel concept dans les sciences empiriques du vivant ? Bergson, dans L’évolution créatrice, reproche à Kant d’avoir tourné en ridicule l’idée d’une finalité externe et il va même jusqu’à affirmer que «la finalité est externe ou elle n’est rien du tout».  Son argumentation semble imparable :

« Considérons en effet l’organisme le plus complexe et le plus harmonieux. Tous les éléments ,nous dit-on, conspirent pour le plus grand bien de l’ensemble. Soit, mais n’oublions pas que chacun des éléments peut être lui-même, dans certains cas, un organisme, et qu’en subordonnant l’existence de ce petit organisme à la vie du grand, nous acceptons le principe d’une finalité externe. La conception d’une finalité toujours interne se détruit ainsi elle-même ».

Bergson, L’évolution créatrice, p 41.

Accordons à Kant d’avoir déjà aperçu cet aspect de la finalité externe quand il faisait remarquer que chaque feuille, chaque rameau d’un même arbre sont comme simplement greffés sur celui-ci, n’existent que comme des arbres et  ne se nourrissent que comme des parasites. Mais Kant ne veut faire qu’un usage problématique et non pas dogmatique de ce concept de finalité externe. Si l’on ne peut pas dire que l’herbe est faite pour le mouton, on peut penser que tout se passe comme si cette feuille-arbre était faite pour les racines.

La finalité externe ne permet pas de connaître mais simplement de penser la vie, comme elle permettait déjà de penser un «plan caché de la nature» pour comprendre l’histoire.

Peut-on alors choisir entre mécanisme et finalisme ? En d’autres termes, est-ce l’organe qui fait la fonction comme le voudrait le mécanisme ou est-ce la fonction qui crée l’organe comme l’affirme le finalisme ? Est-ce parce qu’il y a un oeil que je vois ou bien est-ce pour voir que j’ai un oeil ?

 

3) Le vivant comme machine naturelle.

Les progrès de la biologie au 20° siècle permettent de reprendre à nouveaux frais ce déjà vieux débat.

«Bergson, déjà, dans la première partie de L’évolution créatrice, avait eu l’intuition du caractère de fausse dispute qu’avait l’opposition entre finalisme et mécanisme. Son analyse critique de ces deux tendances pourrait être reprise aujourd’hui intégralement et être fondée encore mieux sur les découvertes de la biologie moléculaire ; la troisième voie permettant de dépasser l’alternative, il ne pouvait malheureusement que l’indiquer par un appel à l’intuition, celle d’un temps créateur à la fois mécaniste et finaliste pour lequel il ne disposait pas du langage et des outils conceptuels adéquats. Ce langage et ces outils, aujourd’hui la thermodynamique des systèmes ouverts, la théorie de l’information, la cybernétique semblent nous les fournir et permettent une relecture de L’évolution créatrice des plus surprenantes et des plus enrichissantes.»

                                                                                 Henri Atlan, Entre le cristal et la fumée, 1979.

31) Ordre et désordre.

La tâche principale de la biologie est de fournir des explications si possible physico-chimiques à partir des observations des manifestations de la vie : de ce point de vue, la biologie «marche». Toutefois, la vitalité de la vie semble s’opposer à l’un des résultats fondamentaux de la physique moderne : le second principe de la thermodynamique, qui stipule que le désordre (qui, en gros, est mesuré par l’entropie) d’un système clos ne peut que croître. En biologie, ce principe de la physique ne peut rendre compte, semble-t-il, que des processus de désorganisation, comme le vieillissement ou la mort. Or, tant au niveau de l’individu que de l’espèce, la vie semble contredire scandaleusement ce principe. Au niveau de l’individu : une fois abandonnées les théories de l’emboîtement des germes ou de la préformation, il faut bien reconnaître qu’au cours du développement embryonnaire, tout se passe comme si le développement qui commence avec une cellule-oeuf indifférenciée était dirigée vers la forme finale de l’adulte ; autrement dit, au niveau de l’individu, on passe bien d’une organisation relativement simple à une organisation vraiment complexe.

La vie remonte la pente naturelle que descend la matière, et il en est de même au niveau de l’espèce. Comme le montrent la géologie et la paléontologie, les espèces qui semblent les plus complexes et les plus organisées sont bien apparues le plus tard dans l’évolution. C’est vers la complexité, l’organisation, et non le désordre que convergent ontogenèse et phylogenèse : le vivant est un organisme de plus en plus organisé.

Il apparaît alors qu’il soit légitime de décrire ces manifestations de la vie comme si la fin dirigeait vers elles les phénomènes qui la précèdent : telle est la finalité. La cause finale d’un phénomène est ce qui suit et non précède le phénomène. C’est J. Monod, entre autres, qui a aidé à résoudre le problème en utilisant la métaphore cybernétique du programme génétique : dans Le hasard et la nécessité (texte 11 page 269), il propose de remplacer le «vieux» concept de téléologie (= type de raisonnement qui recourt à des causes finales) par celui de téléonomie, où l’orientation vers le futur est conçue comme la mise en oeuvre d’un programme. Lors de l’exécution du programme, c’est le but, c’est-à-dire ce qui interviendra à la fin, qui semble déterminer, organiser la suite des événements : la téléonomie organise la vie en combinant le hasard des mutations (Mendel) avec la nécessité d’une sélection naturelle (Darwin).

Un ouvrage de vulgarisation accessible, même si un peu vieux maintenant, est le Traité du vivant de Jacques Ruffié.

32) La révolution cybernétique.

L’ultime étape dans la solution de ce problème d’une finalité apparente, d’une organisation de plus en plus complexe, est venue de la cybernétique quand, il y a une quarantaine d’années déjà, cette discipline a révolutionné les idées de machine et celle d’organisation. Le modèle moderne de la machine n’est plus la montre mais l’ordinateur ou l’automate qui exécute un programme conçu par ordinateur. Les nouvelles notions de contrôle, de feed-back, d’information appliquées à des machines ont permis l’apparition d’êtres qui, jusque là, n’existaient pas : des machines organisées. Il n’y a plus alors d’un côté les êtres vivants qui seuls méritent vraiment le nom d’organismes et de l’autre côté des choses sans auto-organisation à qui est réservé le nom de machines. Il y a d’un côté, par exemple, des robots qui sont des machines organisées et, à côté, des êtres vivants qui peuvent être décrits comme des machines naturelles.

Le problème du vivant devient alors le problème de l’auto-organisation : il ne s’agit plus de réduire le vivant au physico-chimique mais d’élargir celui-ci à une biophysique. Ce n’est pas la vie qui est rabaissée au niveau de la matière, c’est la matière qui s’élève jusqu’au niveau de l’organisation. La question pertinente est maintenant : quel est le type de système qui peut s’auto-organiser ? Quelle est la découverte qui permet de dire que l’auto-organisation n’est plus, comme le croyait Kant, la différence spécifique entre le vivant et le mécanique.

La logique de ces phénomènes d’auto-organisation a été décrite sous le nom de principe d’ordre par le bruit, ou principe de complexité par le bruit : il s’agit de comprendre qu’un même phénomène peut être analysé à des niveaux différents et que ce qui à un niveau inférieur peut apparaître comme une perturbation de l’ordre initial, peut, quand on passe à un niveau supérieur d’analyse, apparaître au contraire comme une chance ou une occasion pour changer d’ordre et installer une nouvelle organisation.

Exemple 1 : dans une structure, l’apparition d’un élément perturbateur par rapport à l’ordre installé peut être l’occasion d’une réorganisation et donc d’un accroissement de complexité ; pensons à une structure défensive au jeu d’échecs, à l’organisation d’un groupe humain quand un  élément doit y être intégré.

Exemple 2 : la présence de «friture» sur une ligne téléphonique interdit la transmission correcte d’informations et en ce sens elle désorganise ; mais, en même temps et à un niveau supérieur, elle oblige celui qui devait recevoir les informations et qui en a été privé à accroître ses capacités d’adaptation en cas d’imprévu.

Au niveau de l’information transmise dans une voie de communication, tout bruit sur le canal de transmission entraîne un accroissement de l’ambiguïté, c’est-à-dire une perte de l’information. Mais si on change de niveau,  et que l’on observe et mesure le contenu global de l’information dans tout le système dont le canal n’est plus alors qu’un élément, qu’une partie, on s’aperçoit que le bruit en diminuant l’information (en qualité comme en quantité) diminue, du même coup, les contraintes de l’ensemble du système, le rend donc moins rigide. Le système devient donc plus capable de s’adapter à de nouvelles situations, autrement dit de s’auto-organiser. Cette analyse de la théorie de l’information «marche» tout aussi bien pour une machine tel un réseau téléphonique que pour un vivant telle une cellule.

Rq 1 : une crise ou une critique sont donc bien les meilleurs facteurs de progrès et d’adaptation. Rétrospectivement, quand un système s’est réorganisé, le progrès devient synonyme d’ordre et, à l’inverse, c’est tout ce qui est conservateur qui crée le désordre.

Rq 2 : ce principe d’organisation par le bruit prend du temps ; ce n’est que dans le temps qu’un désordre peut créer un autre ordre. C’est parce que le temps est imprévisible qu’aucun ordre n’est irréversible.

Rq 3 : les deux remarques précédentes permettent de mieux comprendre pourquoi rares sont les livres de biologistes qui, à partir de considérations biologiques, ne finissent pas par des réflexions sociales et politiques.

Rq 4 : l’acquisition de nouvelles connaissances par l’expérience est un cas particulier d’accroissement d’informations sous l’effet du bruit. Il faut intégrer cet apport de la biologie dans une définition moderne de ce qu’est une «expérience».

 

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