Mai 082017
 

La société comme système des besoins : entre la famille et l’Etat.

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« En tant que substantialité immédiate de l’esprit, la famille se détermine par son unité sentie, par l’amour, de sorte que la disposition d’esprit correspondante est la conscience d’avoir son individualité dans cette unité qui est l’essence en soi et pour soi, et de n’exister en elle que comme membre et non pas comme personne pour soi. »

159

« Le droit qui appartient à l’individu en vertu de l’unité familiale et qui est d’abord sa vie dans cette unité, ne prend la forme d’un droit comme moment abstrait de l’individualité définie, que quand la famille entre en décomposition et que ceux qui doivent être des membres deviennent psychologiquement et réelle­ment des personnes indépendantes. Ce qu’ils apportaient dans la famille et qui n’était qu’un moment constitutif du tout, ils le reçoivent maintenant dans l’isolement, c’est-à-dire seulement selon des aspects extérieurs (fortune, alimentation, frais d’éducation, etc.). »

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« La famille s’accomplit dans trois aspects

a)      dans la forme de son concept immédiat, comme mariage ;

b)      dans l’existence extérieure propriété et biens de la famille et soins correspondants ;

c)      dans l’éducation des enfants et la dissolution de la famille. »

258

« Remarque : Si on confond l’Etat avec la société civile et si on le destine à la sécurité et à la protection de la propriété et de la liberté personnelles, l’intérêt des individus en tant que tels est le but suprême en vue duquel ils sont rassemblés et il en résulte qu’il est facultatif d’être membre d’un Etat. Mais sa relation à l’individu est tout autre ; s’il est l’esprit objectif, alors l’individu lui-même n’a d’objectivité, de vérité et de moralité que s’il en est un membre. L’association en tant que telle est elle-même le vrai contenu et le vrai but, et la destination des individus est de mener une vie collective ; et leur autre satisfaction, leur activité et les modalités de leur conduite ont cet acte substantiel et universel comme point de départ et comme résultat. La rationalité, considérée abstraitement, consiste essentiellement dans l’unité intime de l’universel et de l’individuel et ici concrètement, quant au contenu, dans l’unité de la liberté objective, c’est-à-dire de la volonté générale substantielle et de la liberté subjective comme con­science individuelle et volonté recherchant ses buts parti­culiers quant à la forme, c’est par suite une conduite qui se détermine d’après des lois et des principes pensés donc universels. Cette idée est l’être universel et néces­saire en soi et pour soi de l’esprit. Maintenant l’origine historique de l’Etat ou plutôt de chaque Etat parti­culier, de son droit et de ses modalités : est-il sorti des relations patriarcales, de la crainte ou de la confiance, ou de la corporation, et comment a été conçu et affermi dans la conscience le fondement de tels droits, est-ce comme droit divin, positif ou comme contrat, coutume, etc., ce sont des questions qui n’intéressent pas l’idée d’Etat elle-même mais, eu égard à la connaissance philosophique, dont seule il est question ici, c’est un simple phénomène, une affaire historique. »

Friedrich Hegel, Principes de la philosophie du droit, la moralité objective.

→ La famille

C’est le moment de l’apprentissage du devoir hors de toute liberté.

→ Le système des besoins (la liberté = indépendance sans règle, sans devoir) = la société civile

Hegel reprend le thème smithien de la main invisible : « Dans cette dépendance et cette réciprocité du travail et de la satisfaction des besoins, l’appétit subjectif se transforme en une contribution à la satisfaction des besoins de tous les autres… Ainsi le particulier sera assuré de son existence et en même temps par le produit de son travail médiatisé, il maintient et augmente la richesse générale » (§199).

→ La moralité concrète du citoyen dans l’État

« L’État est la réalité en acte de la liberté concrète ; or, la liberté concrète consiste en ceci que l’individualité personnelle et ses intérêts particuliers reçoivent leur plein développement et la reconnaissance de leurs droits pour soi (dans les systèmes de la famille et de la société civile), en même temps que d’eux-mêmes ils s’intègrent à l’intérêt général, ou bien le reconnaissant consciemment et volontairement comme la substance de leur propre esprit, et agissent pour lui, comme leur but final » (§260). Le citoyen admet donc qu’il est plus libre dans un État avec des lois que dans un État sans lois.


Questions de contrôle de connaissance, printemps 2017

  1. Quelle est, selon Aristote, la différence entre un tas de pierres et une maison ?
  2. La politique doit-elle s’occuper de zôé ou de bios ?
  3. Quelles sont les deux types de réponses possibles à la violence sociale ?
  4. A quoi sert une religion ?
  5. En quoi selon René Girard le désir est-il mimétique ?
  6. En quoi le désir mimétique est-il source permanente de violence ?
  7. Quelle est la fonction sociale du mécanisme du bouc émissaire ?
  8. En quoi le dilemme du prisonnier est-il une réfutation de la théorie de la Main invisible ?
  9. Quels sont les 4 conseils que donne Robert Axelrod pour favoriser un lien social de coopération ?

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