Jan 292010
 

wittgenstein.gifPhilosophy, as we use the word, is a fight against the fascination which forms of expression exert upon us.

I want you to remember that words have those meanings which we have given them, and we give them by explanations. I may have given a definition of a word and used the word accordingly, or those who taught me the use of the word may have given me the explanation. Or else we might, by the explanation of a word, mean the explanation which, or being asked, we are ready to give. That is, if we are ready to give any explanation ; in most cases we aren’t. Many words in this sense then don’t have a strict meaning. But this is not a defect. To think it is would be like saying that the light of my reading lamp is no real light at all because it has not sharp boundary.

… A word has the meaning someone has given to it.

… It is wrong to say that in philosophy we consider an ideal language as opposed to our ordinary one. For this makes it appear as though we thought we could improve on ordinary language. But ordinary language is all right.

Ludwig Wittgenstein, The blue book.

Introduction : qu’est-ce que traduire ?

(a) traduire un texte d’une langue dans une autre langue.
(b) Traduire sa pensée en mots.

Solution 1 : traduire, c’est traduire mot à mot.

Cette solution suppose qu’une langue n’est qu’un habillage qui varie suivant les cultures et les époques mais qui renverrait à un noyau stable : une idée ou une chose.

Première difficulté : pourquoi les langues seraient-elles différentes et évolueraient-elles dans le temps si elles n’étaient que des doubles de la pensée ou de la réalité ? On peut déjà anticiper sur les raisons de ces changements : ils résultent d’évolutions internes à la langue, et par conséquent, chaque langue possède comme une personnalité propre, une autonomie, une vie.

Mais il faut rejeter cette solution 1 : la preuve, c’est qu’une traduction mot à mot est sinon impossible, dans tous les cas ridicule.

  • Il faut comprendre qu’un français et un anglais ne pensent pas dans la même langue. Ce qui implique du même coup que la langue n’est pas la traduction de la pensée.
  • Le langage est comme un filet au travers duquel chaque langue aperçoit la réalité et la dit : maintenant, chaque langue ne maille pas la réalité de la même façon (attention à cette dernière formulation qui finalement laisse croire qu’il existe une réalité indépendamment de mots pour la dire, ce qui est au moins à discuter).

Au moins, nous savons ce que traduire n’est pas. Quant à ce qu’est une traduction, la seule chose que nous pouvons affirmer c’est qu’une traduction passe directement d’une langue dans une autre, sans intermédiaire, ce que nous confirme d’ailleurs la possibilité des traductions simultanées.

1- Langage et pensée.

11- Parler, est-ce exprimer sa pensée ?

Descartes, Discours de la méthode, 5° partie, Lettre au Marquis de Newcastle.

(a) Problème général de la différence entre l’homme et l’animal :

(b) Les 2 présupposés de la thèse cartésienne :

  • Il n’y a qu’une seule fonction du langage, c’est d’exprimer la raison : mais l’animal n’exprime-t-il pas dans ses cris quelques passions ? Cette fonction d’expressivité suppose que les idées peuvent exister sans les mots pour les dire et donc que la pensée précède les mots.
  • Il y a dans le langage une créativité qui provient selon Descartes de la raison.

12- Parole parlante et parole parlée.

La parole accompagne-t-elle la pensée ou lui succède-t-elle ?

La thèse de Merleau-Ponty consiste à distinguer 2 usages possibles de la parole : dans l’une la parole vient après la pensée, et dans l’autre cas la parole accompagne la pensée.

Il faut alors distinguer une parole seconde qui n’est que répétition d’une parole passée et qui en ce sens participe au passé : la parole parlée, et une parole première qui est création d’une parole présente et qui en ce sens participe au présent : la parole parlante.

(i) Il y a donc bien une parole qui vient après la pensée, c’est la parole parlée. Il semble du même coup nécessaire de distinguer entre la pensée qui naît dans la parole est celle qui est répétée, bavardée dans les paroles : E. Weil sépare penser et avoir des pensées. Qui est un penseur ?

(ii) Il y a donc bien une créativité de la parole : celle de la parole parlante. Cette créativité de la parole est paradoxale comme toute création puisqu’il s’agit d’une production d’énoncés à la signification neuve alors que la lettre même du message doit provenir d’une langue compréhensible à d’autres, et par conséquent d’une langue que d’autres parlent aussi : la parole parlante doit être parlante à d’autres qu’à celui qui émet l’énonciation.

Bilan : Y a-t-il un langage animal ? La question revient à se demander dans quelle mesure un animal utilise des signes pour s’adapter à une réalité naturelle ou sociale en devenir ?

Il y a bien une communication animale même si incontestablement cette fonction de communication est élémentaire (Cf. le tableau des fonctions de la communication selon R. Jakobson). Il n’y a pas de dialogue animal.

Le propre du langage humain est donc d’associer une fonction d’expression de la pensée à une fonction de communication : et de la même façon que la véritable parole est celle qui pense (parler = penser), nous pourrions dire que la véritable parole est celle qui dialogue (parler = dialoguer). Mais alors dans quel mesure devons-nous comprendre que penser = dialoguer ?

2- Quelle est la réalité du langage ?

H.G. Gadamer dans Méthode et vérité relève deux traits du langage propre à caractériser vraiment son autonomie, sa réalité propre.

1- Tout d’abord, l’oubli de soi. La structure propre du langage, c’est-à-dire tout ce sur quoi la linguistique travaille (grammaire, syntaxe), n’est absolument pas consciente dans la parole vivante. Plus la langue est un accomplissement vivant, moins on en est conscient. Ce qui nous le montre facilement, c’est quand nous débutons une langue étrangère. De cette première caractéristique, nous pouvons dégager un trait positif : l’être propre du langage réside dans ce qui est dit en lui et qui constitue un monde commun dans lequel nous vivons, monde lentement constitué par la tradition qui parvient jusqu’à nous à partir des littératures.

2- La deuxième caractéristique du langage est sa non-liaison à un je. Celui qui parle une langue que personne ne comprend ne parle pas. Parler signifie parler à quelqu’un. Le parler n’appartient pas à la sphère du je mais à celle du nous. La réalité du parler réside dans le dialogue. Etant donné que l’on dialogue les uns avec les autres, et que le dialogue nous porte, pour ainsi dire, plus loin, ce n’est plus la volonté individuelle qui est déterminante mais c’est la loi de la chose dont il s’agit dans le dialogue. Ainsi, là où un dialogue a réussi, l’on est, comme on dit accompli par lui.

21- Le système de la langue : le problème de la signification.

Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale.

211- la linguistique comme science humaine

L’objet de la linguistique n’est ni le langage, ni la parole mais c’est la langue. Définissons chacun de ces 3 termes : le langage, c’est la capacité à utiliser un système de signes dans un but d’expression ou de communication. Le langage est donc une possibilité universelle que tous les hommes possèdent ; l’homme est l’animal doué de langage. Une langue est un système de signes linguistiques. Tous les hommes n’ont pas la même langue : une langue n’est donc pas universelle mais générale. La parole est la réalisation concrète et individualisée de la langue : la parole est particulière. Laquelle de ces trois entités peut être un objet scientifique ? Ni la parole car il ne peut pas y avoir de science de l’individuel. La parole n’est que la matière de la linguistique. Ni le langage car il est un objet trop vaste. Il ne reste donc que la langue, ce qui confirme qu’il n’y a de « science que du général » selon la formule d’Aristote. La linguistique est donc cette science humaine qui a pour objet la langue. Mais quelle est sa méthode ?

L’étude de la langue devra être synchronique et non pas diachronique, la linguistique n’est pas la science des changements d’une langue mais la science des états d’une langue étudiée comme un système : c’est dire que le linguiste ne travaille que sur l’état d’une langue à un moment donné, comme sur un cliché, un instantané. La linguistique n’est donc pas une science historique : l’étymologie d’un mot ne sera d’aucun secours pour en déterminer le sens ; celui-ci ne sera saisi qu
‘en le comparant aux autres signes de la même langue : comprendre un signe, c’est savoir faire la différence avec au moins un autre signe. F. de Saussure résume cette idée en écrivant que « dans la langue, il n’y a que des différences ».

La langue, comme objet de la science linguistique, est donc produite par une méthode : la méthode structurale. La langue, en effet, est bien une structure (c’est-à-dire non pas un ensemble de termes mais de relations) dans la mesure où, pour l’étudier, le linguiste accorde davantage d’importance aux relations entre les termes qu’aux termes mêmes (un squelette est un exemple simple de structure, car la fonction d’un membre dépend non pas tant de ce qu’il est que de sa position dans la structure d’ensemble).

Les 4 principes de cette méthode structurale sont :

  • la dichotomie de la langue et de la parole,
  • la subordination du diachronique au synchronique,
  • la réduction des aspects substantiels du langage à des aspects formels : un mot ne signifie pas à lui tout seul, mais en opposition paradigmatique et syntagmatique.
  • la définition de la langue comme système, structure.

212- La double articulation

3- La relation Je-Tu.

Martin Buber, Je et Tu.

(a) L’intérêt de la thèse de Buber, c’est de fonder l’essence du langage sur la relation entre ceux qui dialoguent.

(b) Le dialogue dans sa vérité est une possibilité de revirement.

(c) le langage englobe tout. Il n’y a rien qui, en principe, soit soustrait à la possibilité d’être dit, à la seule condition que la pensée pense vraiment quelque chose. Chaque dialogue possède ainsi une infinité interne : tout dialogue recèle en lui-même un appel à la reprise du dialogue.

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