Questions de méthodes

 

Comment définir philosophiquement ?

Il faut d'abord bien comprendre à quoi sert une définition philosophique : elle vient mettre un terme à la régression des justifications (il faut toujours justifier une argumentation par un argument qui, à son tour, doit être justifié et ainsi de suite...).

La définition philosophique s'inspire de ce que, depuis Aristote, font les biologistes pour "définir" en "classant" : par le genre et les espèces.

On définit philosophiquement un concept en disant qu’il est une espèce de Genre avec des différences spécifiques → pour le distinguer d’autres espèces du même genre (ce sont les différences spécifiques qui sont des contraires).

  • Par exemple : la philosophie est une espèce de sagesse fondée sur la raison (et non pas inspirée par la foi comme l’est la religion), soucieuse de vérité (et non pas désireuse de plaire à l’opinion comme l’est la sophistique), que l’on accomplit pour elle-même (et non pas utilitaire comme le sont les sciences).
  • Dans cet exemple : le Genre est la sagesse. Il y a trois différences spécifiques (la rationalité, le souci de la vérité, la liberté) qui permettent chacune de distinguer la philosophie avec trois autres espèces de sagesse (la religion, la sophistique et la science).
Quels sont les différents types de termes dans un sujet de dissertation ?

Un sujet de dissertation comprendra toujours au moins explicitement une notion du programme : cela ne doit pas signifier qu'une dissertation ne sera qu'un exposé sur cette notion.

Il faut savoir lire tout le sujet, dans sa formulation précise, et pour cela il faut faire attention qu'il y a 3 types de mots :

  • les termes du programme : les notions et les repères.
  • les modalités : ce sont ces petits mots qui modifient une phrase : toujours, ne... que...
  • les termes "riches" : des notions qui ne sont pas parmi les notions du programme mais qui orientent la question.

Il ne s'agit pas seulement de repérer ces différents termes, il faut en faire les supports des discussions de la dissertation.

Exemple 1 : La liberté n'est-elle qu’une illusion au regard de l'existence de l'inconscient ?

  • Il y a deux termes du programme : la liberté et l’inconscient. La liberté dont il s’agit ici est la liberté individuelle (plus morale que politique), celle d’un sujet à être à la source et à l’origine de sa vie vécue. L’inconscient dont il s’agit ici est d’abord l’inconscient au sens psychanalytique de refoulé. Le sujet devra donc étudier les rapports entre liberté et inconscient sous l’angle de la responsabilité (morale).
  • La modalité est le « ne… que ». Le sujet accepte donc que la liberté puisse être une illusion mais il attend que l’on se demande si elle n’est que cela : en quoi la conscience de cette illusion permettrait de s’en délivrer, et surtout sous quelles formes ?
  • Le terme riche est « illusion ». A la différence de l’erreur pour laquelle une simple prise de conscience suffit à immédiatement la faire disparaître, l’illusion est une persévérance (ici peut-être plus involontaire/inconsciente que volontaire).

Exemple 2 : Peut-on vraiment se connaître soi-même en ignorant autrui ?

  • Le terme du programme est « autrui », cet autre moi pour qui, moi, je suis un autre. Mais cette symétrie entre moi et autrui est plus le nom d’un problème que celui d’une solution : car si j’ignore autrui, c’est peut-être parce que celui que j’ignore d’abord, c’est moi.
  • Le terme « riche » est l’expression « connaissance de soi » opposée à l’ignorance. D’une part la connaissance de soi ne peut se réduire à la conscience de soi, et cela à cause de la conscience et de la présence d’autrui : car, dans la mauvaise foi (Sartre), je ne me mens à moi-même que parce que je ne suis que ce que j’apparais à autrui. D’autre part, « ignorer quelqu’un », c’est traiter volontairement, ostensiblement, une « connaissance » comme un « inconnu ».
  • La modalité est « vraiment » indique qu’il faut dans les relations à autrui distinguer entre les apparences et la réalité. Il existe une connaissance superficielle de soi et des autres ; mais existe-t-il vraiment une connaissance plus approfondie (complète ?) de soi et des autres ?

 Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces tags et attributs HTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

(required)

(required)

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.