Fév 012015
 

Sur les 4 heures d’épreuve, vous pouvez utiliser les 2 premières heures au travail sur le brouillon (il vous restera ensuite 2 heures pour rédiger).

  • La première heure est consacrée à l’analyse du sujet, la problématisation et la recherche des connaissances.
  • La deuxième heure est consacrée à la fabrication du plan.

planificationVoici donc le schéma pour s’organiser pendant cette deuxième heure : formulation d’une réponse claire, argumentée, dans les termes du sujet → formulation d’une idée directrice → planification en étapes → dans les étapes, dégager des § → dans chaque §, aller de l’idée formulée le plus explicitement possible à la référence philosophique (ce qui nécessitera une reformulation de la référence dans le vocabulaire du sujet).

Exemple : Suffit-il d’avoir le choix pour être libre ?

1- La problématisation repose sur la distinction entre « avoir le choix » et faire un choix » ; chacun peut bien comprendre que quand le choix est fait alors on n’a plus le choix (c’est précisément là toute l’hésitation de l’âne de Buridan). Le temps du choix semble donc être l’instant alors que celui de la liberté semble devoir être plus continu. La question revient à se demander : est-ce que l’on peut choisir tout le temps ? Est-ce que tout, tout le temps, doit être affaire de choix ?

2- A partir de cela, voici la réponse qui serait défendue dans la conclusion : le choix semble suffisant pour agir librement à condition de bien choisir ses occasions de choix → Il faut faire le choix de ses choix.

3- Ce qu’il faut maintenant, c’est se demander comment arriver logiquement à cette conclusion :

  • Etape 1 : faire le choix du choix → accepter de définir la liberté par le choix.
  • Etape 2 : émettre une réserve → il semble impossible de faire de toute sa vie un choix : la liberté ne peut pas être choix conscient de tous les instants.
  • Etape 3 : en déduire quels vont être les moments où la liberté va se jouer dans le choix.

4- Voici un survol du plan, étape par étape : chaque idée est explicitement formulée et rattachée à une référence philosophique.

Etape 1 : En apparence, il suffit d’avoir le choix pour être libre parce que la conscience qui accompagne mon action ne me libère pas (faussement) des contraintes naturelles et/ou sociales mais permet une distance, un recul, une hauteur, un détachement qui est précisément la marque d’un non-attachement. Or être attaché, c’est ne pas être libre, donc le détachement permis par la conscience au moment du choix semble être une liberté

§ → Référence à John Locke pour qui la liberté est la propriété non pas de tout et de tout le monde mais seulement de ma personne.

Etape 2 : Mais en réalité, le temps du choix (= ce passage décisif qui me fait passer de la délibération, du désir à l’action volontaire → référence possible à Aristote) est-il vraiment adéquat au temps de la liberté ? Car la liberté ne peut pas être une parenthèse alors que le choix semble devoir ne durer qu’un moment, avant la prise de décision en tant que telle :

§1 → référence à J-P Sartre pour qui la liberté se joue d’abord dans l’intention (et pas dans le résultat), c’est-à-dire dans le début d’acte.

§2 → référence à Freud pour montrer qu’il est bien difficile de situer le début, car on doit peut-être soupçonner que le début (conscient) d’un acte a toujours un début (inconscient). Et c’est ainsi que de début en début, on finit par remonter au début des débuts – la naissance – qui est bien le modèle d’une première fois qui n’est pas un choix (alors que la liberté confond souvent le choix avec la possibilité de commencer quelque chose de nouveau).

Etape 3 : Néanmoins, pour éviter les « paradoxes du choix » (ne pas choisir, c’est encore choisir – choisir, c’est renoncer) il suffit de ne faire des choix que là où la liberté est vraiment en jeu :

§1 → Il y a peut-être une grande partie de notre vie qui est de l’ordre de l’indifférence : par exemple, cela a-t-il un sens de faire du choix d’un gâteau un moment de liberté ? Suis-je plus libre si je choisis de préférer le son du violoncelle à celui du saxophone ? Dans tous ces cas, le choix ne semble ni nécessaire ni suffisant à la liberté. → pour les élèves « savants » : la liberté d’indifférence et sa critique par Descartes.

§2 → Une autre partie de notre vie n’est pas si « indifférente » mais elle peut faire l’objet d’un choix, au moins au début : c’est le cas de la « bonne habitude » → référence à Aristote chez qui l’habitude, bonne ou mauvaise, résulte d’un affaiblissement du volontaire vers l’involontaire. Une bonne habitude permet ainsi de décharger la conscience du « fardeau de la liberté ».

§3 → Et pour les rares moments où une forte décision doit être prise, alors la liberté va résider dans le choix entre les choix possibles. → référence aux « expériences négatives » de Jan Patocka (ce qui va être primordial dans ce cas, ce n’est pas d’être « original » mais d’être « cohérent » = « maintenir l’unité avec soi-même » ; car c’est cette cohérence dans ses choix primordiaux qui va suffire à être libre sans tomber dans les pièges des choix contingents).

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